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View Full Version : Réflexions d'un druide Demi-ELfe


Mortecuisse
05-16-2005, 04:13 PM
Mémoires D'un Druide Demi-Elfe
Livre Premier
Par Mortecuisse Mellonorë
Jour 204, Année 8879. Le poids du passé :

Il y a de ces moments où la nostalgie pèse de tout son poids sur le coeur des voyageurs, et malgré mon jeune âge, il me tarde chaque jours de pouvoir me complaire, après de longues heures d'errances, dans la mélancolie des souvenirs de mon âme d'enfant. Qu'y a t il de plus doux que de laisser son coeur vagabonder sur les chemins de la tristesse ou sur ceux de l'espérance ? de se laisser submerger par une foule de sensations qui rappellent légèrement celles que l'on peut ressentir lorsque l'Hotomn semble s'éterniser et qu'il demeure impassiblement encré dans ses forêts faites d'or et de soleil.

Barbeluth , mon père, aimait cette saison plus que tout autre, tout comme il aimait l'odeur à la fois fraîche et humide de notre maison de bois aux petits matins d'Hotomn. Avant de partir pour ma leçon matinale dans les bois d'Aldaiar, mon père et moi prenions le temps de profiter de cette odeur à laquelle venait se mélanger celle de cette décoction noire et amère qu'il m'avait fait découvrir lorsqu'il eut compris les difficultés que j'éprouvais au saut du lit.

Mes parents se partageaient mon éducation ; mon père, barde discret et humain de petite carrure, me faisait leçon le matin et même s'il n'avait rien à envier aux connaissances inlassables de ma mère, il est vrai que couper du bois n'a jamais demandé guère plus de capacités intellectuelles que celle d'un brave. Il en était tout autrement avec Aldawen ; ma mère avait vécue la plus part de sa vie avec les siens et comme beaucoup d'elfes des bois, elle avait suivi le studieux chemin des druides. Adepte de Neutra, elle m'avait enseigné les coutumes de ce dogme, mais en tant que jeune Demi-Elfe, elle me laissa le choix de suivre le chemin divin qui saurait me convenir.

Mon père était originaire d'Al-drifa ; alors que la ville et le commerce s'accroissaient chaque jours, il décida de se réfugier chez les elfes des bois, afin d'assister le professeur Dagororn à l'université d'Aldaiar, lequel fut satisfait des compétences « bardesques » de mon père. Au fil du temps il sut trouver sa place au sein du peuple elfique et alors que s'achevait sa 38 année et sa deuxième année à Aldaiar, il rencontra la douce Aldawen. Cette union donna naissance à un Demi-Elfe des bois et mes parents veillèrent sur moi pendant 23 années...

Cependant, si le dogme de Neutra passe par l'acceptation de ce qui lui est opposé, mon coeur est las et ne saurait se convaincre à accepter les évènements qui précipitèrent mon âme sur les sentiers du désespoir.
En l'année 8878 l'université d'Aldaiar m'envoya en expédition dans le royaume d'Aesir afin de parfaire mes connaissances « druidiques » en étudiant les plantes des terres glacées du neuvième royaumes. Après un long voyage qui dura une année, je revins parmi les miens, mais peut être aurais je dû précipiter mon retour, alors peut être que...

A mon retour à Aldaiar, les visages se froissèrent ; le professeur Dagororn vint m'accueillir et d'un air grave m'annonça ce qui allait indéniablement renverser le cours de ma vie. Durant mon absence, mon père et le professeur Dagororn avaient refusé d'attribuer le titre de Barde à Briarck, un Brave qui n'avait visiblement aucunes prédispositions pour cet art subtile. Quelques nuits précédant mon retour, Briarck se saisit de son épée et envoya mes parents sur les chemins du royaume d'Agnar pendant leur sommeil.
Les jours et les nuits passèrent au fil de mes larmes ; je ne sais si les jours duraient plus longtemps que les nuits, mais il me tardait à moi de mourir et chaque nuit me laissait croire que les portes du royaume d'Agnar s'ouvraient à moi.

Essayant de m'affairer aux tâches domestiques afin d'occuper ce qui me restait de force, je compris que tout ce qui faisait le bonheur de cette vie sédentaire ne serait jamais plus, je pris alors la décision de quitter définitivement Aldaiar pour suivre un chemin qui ne semblait pas auparavant être le mien.

Ainsi donc au 3ème jour de l'an 8879, je délaissa Aldaiar et après m'être recueilli sur la tombe de mes parents, je pris la route afin de mener une vie nouvelle, une vie de nomade...

Mortecuisse
10-02-2005, 05:49 PM
Jour 205, Année 8879. Frères d’armes :

Je ne sais pas si c’est le frottement de ma plume sur le papier ou l’apaisante quiétude régnante autour de moi en cette soirée de Nar’Calomer, mais après cette longue marche, il me tardait de pouvoir poser mes choses et d’emprunter à nouveau les sentiers de ma mémoire… pendant que ce bon vieux bougre de Grombrindal Le Gris ronfle ses litres de bières bien haut et fort.

Après avoir délaissé Aldaiar, je décida de quitter le royaume de Neutra quelques temps afin de laver mon âme des lettres de sang qui y étaient gravées depuis trop peu de temps. Mes pas me dirigèrent vers le deuxième royaume ; je n’avais jamais visité ces lieux de Ganareth faits de montagnes semblant soutenir de leurs solides jambes tout le poids des cieux ; la difficulté de mes marches me permettait de purger mon cœur des évènements funestes qui l’avaient déchiré. Cependant à la nuit tombée, il était bien difficile de faire face à l’accablante tristesse qui me rongeait depuis plus de 40 jours.

Au 3ème jour de Mid’Pring, alors que le froid Winiverniale avait bien du mal à laisser sa place, je décida à l’approche du village de Migrilin de passer la nuit dans une auberge afin de reprendre les forces suffisantes pour continuer mon pèlerinage.

C’est à la taverne que je rencontra Grombrindal ; je ne sais si ce fut lui ou moi qui offrit la première bière, mais ce dont je me souviens c’est que ce soir là une amitié était née…même si nous avons tous deux bien du mal à se rappeler pourquoi…

Quoi qu’il en soit, après un réveil bien difficile, Grom et Moi primes la route ensemble sans vraiment savoir vers quel endroit allaient nous diriger nos pas. Cela fait 157 jours que nous marchons côte à côte et même si je dois avouer que ses ronflements ignobles ont le dont de m’exaspérer, je ne me séparerai jamais de ce frère, de ce compagnon de route.

Jour 206, année 8879.Parmi les étoiles:

Alors que Grombrindal et moi étions déterminés ce soir à nous distraire de quelques tonneaux de bière, j'ai décidé, l'humeur changeante, après quelques pintes de regagner ma chambre d'auberge, laissant mon compagnon seul devant son verre... je sais qu'il ne m'en voudra pas, ce bougre est d'une sociabilité exemplaire lorsque ses deux pieds sont scellés au comptoir...

Il est vrai que depuis les évènements qui firent sombrer mes parents dans le néant des cavernes d'Agnar, il me semble bien difficile de ne pas me perdre dans les méandres de mes souvenirs et de ne pas me complaire dans la mélancolie chaque soir. Je ne sais s'il est de nature chez un voyageur que de se laisser aller à ce genre d'exercice, mais j'avoue prendre plaisir à le faire, et depuis ce 6ème jour de Mid'Pring, trois jours après ma rencontre avec Grombrindal, je me surprend à croire que la nostalgie d'une vie sédentaire est propre à une vie de nomade...

Alors que nous vagabondions depuis trois jours, le Winiver, le cœur déjà bien affaibli, se laissa convaincre de l'âme pringiniale qu'il était temps pour lui de faire ses adieux au cieux de Ganareth ; une aubaine pour Grom qui avait encore la barbe gelée de ce rude Winiver. Cela dit, loin de toute moquerie envers mon compagnon de route, l'adoucissement des températures rendit les nuits beaucoup plus agréables.

Ce soir là, nous décidâmes de passer la nuit à la lisière d'un bosquet endolori par le froid des jours précédents et qui, à sa silhouette, me semblait profiter de cette nuit étoilée. Je décida alors de faire de même et m'allongea sur ma couche les yeux fixés sur la chevelure enivrante de Ganareth.

Aldaiar me manquait et ils me semblaient loin les temps de quiétude au sein de mon peuple ; perdu dans le souvenir d'Aldaiar sans vraiment le vouloir, mes yeux se stoppèrent sur une étoile qui scintilla soudainement, semblant attendre que ses petites sœurs se réveillent. En quelques secondes toute cette petite famille était en fête et je m'aperçu qu'elle formait la constellation de la rose des vents.

Lorsque ma mère m'avait enseigné une part de l'histoire des dieux, elle m'avait fait mention de Zéphyr, ce dieu qui protégeait les voyageurs et les portait de son souffle divin sur les sentiers de Ganareth ; était ce de se volonté si j'étais à présent sur les chemins de ce monde ? était ce de son fait si j'avais Grom pour compagnon de route ? avait il d'autres projets pour moi ?

Ma mère m'avait dit ce jour là qu'il me faudrait choisir un dieu pour m'accompagner tout au long de ma vie car tel était le cadeau de Gothar aux enfants de Ganareth ; elle m'avait dit aussi que le dieu que je choisirai m'aiderai à prendre des décisions, me guiderait de sa voie sur les chemins de ma réflexion.

"Est ce Zéphyr, maman, qui me guidera maintenant ? est ce un bon choix ? si aucune étoile ne scintille à cet instant alors ma mère approuvera ma décision?" me dis je submergé par l'hésitation ; quelques secondes plus tard, un genoux à terre, les mains jointes, je prêta allégeance à Zéphyr et du plus profond de mon âme je lui fît la promesse de laisser mes pas être guidés par son souffle...

Jour 207, Année 8879. Guidés par les vents:

Il y a de ces moments, dans la vie d'un voyageur, où il semble bien difficile de ne pas être gagné par la mélancolie des jours passés, des temps où le quotidien était loin des aléas d'une vie de nomade ; mais les pensées des nôtres ne sont pas indéniablement fixées sur la lisière de nos souvenirs et certaines sont destinés à ce qui nous a conforté dans nos choix, ceux qui nous ont amené plus près chaque jour des limites de Ganareth... et ce soir c'est vers ces histoires que marchent mes pensées...

Suite à ma décision de vouer ma vie au dieu des vents et à une vie de voyage, Grombrindal et moi nous nous dirigions à l'est, en direction du troisième royaume, puisqu'à ma demande Grombrindal avait accepté de me suivre dans les étendues désertiques de Zéphyr. Au 153ème jour de l'an 8879, Nous atteignions les déserts de sable et nous entreprenions de les traverser en signe de mon dévouement au seigneur de ces lieux.

Après deux semaines de marche, alors que Grom rêvait de bière tout éveillé, nous vîmes à quelques kilomètres la petite ville du nom de Suïr'ath ; sans l'ombre d'une hésitation, nous décidâmes d'y faire halte et il ne fallut pas une heure pour que ce cher Grom trouve l'auberge de la ville.

Après ses quelques mois de voyages et malgré ma jeune et inconsciente expérience de vagabond, je crois porter un intérêt particulier aux tavernes dans lesquelles Grom m’emmène inlassablement. Même si aux premiers abords, elles se ressemblent toutes, c’est à chaque fois une nouvelle expérience, car aussi longtemps que Ganareth sera riche de voyageurs, explorateurs, troubadours et marchands en tout genre, le caractère à la fois unique et enivrant des tavernes sera préservé.

Alors qu’à mon habitude, je préfère me laisser submerger par l’ambiance taverniale en me complaisant dans l’écriture de mes mémoires, il est vrai que ce soir du 173ème jour de l’an 8879, je ne pu que me laisser prendre par la chaude ambiance qui régnait dans la taverne des quatre vents de la cité de Suïr’ath.

Je crois qu’à ce jour, celle-ci reste en tête de mon classement personnel des meilleures tavernes de Ganareth et si la fierté de nain de ce cher Grom ne plaçait pas toutes les auberges tenues par des nains sur un piédestal, il serait du même avis que moi.

Il faut comprendre que la cité de Suïr’ath, de par sa position surprenante dans les déserts du troisième royaume, est une ville de passage et de fait jouit d’une excellente situation économique et d’un riche capital culturel. Peu de gens y demeure et lorsque l’on y vient, on y reste que le temps de s’approvisionner et de vider le sable de ses chasses.

Ainsi, le regroupement de nomades qui peuples la cité chaque jour n’est jamais le même, mais tous sont soucieux de se laisser aller à la bonne humeur après le difficile voyage qui les a mené jusque là. Et la taverne des quatre vents est le lieu privilégié par cette bonne humeur et où les voyageurs, d’ordinaire taciturnes, se laissent facilement aller à une franche camaraderie.

Ce soir là, il ne fallut pas beaucoup de temps et de bières pour que Grom et moi nous nous confondions dans la foule peuplant de taverne. Ecoutant les récits de certains, payant une bière à d’autres, la nuit s’écoulait au rythme des palabres incessants qui de leur intensité faisaient rugir les quatre vents.

C’est cette nuit là, alors que je passais de l’écoute d’une anecdote à une autre que je rencontra cet étonnant Rôdeur de lutin du nom de Oz’. Assis à une table, devant une bonne bière, nous échangions nos récits de voyageur. Tout en lui racontant mon histoire, je lui fit part de mon sentiment d’égarement quant à la vie sédentaire que je menais avant et je lui expliqua que depuis peu j’avais voué ma vie au dieu des vents, tout en scellant mon amitié avec Grombrindal dans l’humble cercle de la rose des vents.

Il se trouva alors que ce cher Oz’ appartenait à une guilde naissante du nom de Nomades. En écoutant son récit, je fus émerveillé par cette confrérie semblant si chaleureuse et vouée au même devenir que moi. Tant de choses les rassemblaient pour cette vie si simple que celle qu’ils menaient et que je menais.

Alors que Grom continuait à boire au comptoir en compagnie du tavernier, qui bien content que la soirée se termine, se désaltérait franchement, Oz’ me demanda si Grom et moi nous ne voudrions pas nous joindre aux Nomades afin que tous ensemble nous la hissions aux sommets de Ganareth. Je lui répondis qu’il me semblait bien difficile d’affronter tous les âges de ce monde à deux et que je serais ravi de me joindre aux Nomades.

Oz’ m’annonça qu’il était temps pour lui de vider son verre une dernière fois pour ce soir et que si Grom et moi souhaitions les rejoindre dans l’éternité de leur voyage, nous devrions les retrouver le lendemain devant l’auberge, prêt à partir…

…Cela fait 33 jours que nous marchons côte à côte et même si beaucoup reste à faire, les Nomades marchent à présent unis sur les sentiers de ce monde.

Jour 217, année 8879. Complainte :
Complainte en AL-drifa
Traduit de l'elfique

Je ne me souviens plus réellement,
Du jour où tout cela à commencé,
Mais je me souviens encore du noir de ses yeux.
Profonds abysses,
Qui plongèrent mon cœur dans le néant,
Lorsque Agnar les lui a refermé.
Mais au delà du fait que j’en souffre encore à ce jour,
Qui y a t il de plus doux,
Que de succomber à la mélancolie,
Lorsque celle-ci vous rappelle,
Et au plus profond de votre âme,
Celle que vous n’avez jamais cessé d’aimer ?

Ô Aldawen...
Ô jeune fille des Arbres...
Ô ma douce mère…

Je ne crois pas être depuis ce jour,
Aller de l’avant,
Ou être revenu sur mes pas ;
Je demeure comme elle m’a laissé,
A la croisée des chemins,
Où mon cœur et mon âme se sont arrêtés.
Je ne saurais m’éterniser,
Dans un quelconque endroit,
Si ce n’est celui où je l’ai rencontré,
Pour la dernière fois,
Car qui y a t il de plus amère,
Que de se surprendre à ne pas penser à elle ?

Ô Aldaïar...
Ô cité des arbres...
Ô cité de mon enfance…

Assaillit plusieurs fois depuis des millénaires,
Ce sont mes dragons,
Que j’essaye de chasser de mon âme à présent.
Je ne sais si Zéphyr lui même,
M'a guidé dans ses bras de ruelles,
Mais c’est le cœur lourd,
Que j’y viens me reposer.
Enivrantes étincelles provenant de mon foyer,
Fumées apaisantes pour un cœur fatigué,
Saura t elle de ses lèvres humides,
Bercer le cours de ma tristesse,
Et faire mon âme se retourner dans son lit ?

Ô Al-Drifa...
Ô indomptable cité...
Ô jeune fille tourmentée…

Jour 422, année 8880. A l'approche du départ:

Il y a bien longtemps que je ne m'étais plus attardé sur les pages de ma mémoire, mais je dois avouer que depuis la rencontre avec mes nouveaux compagnons de route, il m'est bien difficile de ne pas me laisser aller à une franche camaraderie entre Nomades. Que voulez vous... il me semble fort compliqué que de laisser son âme vagabonder lorsqu'il y a toujours quelqu'un pour vous poser une bière devant le nez, et je crois d'ailleurs me souvenir avoir récemment fort altérer la quiétude de ce cher Darkevith lors d'une nuit de beuverie en Al-Drifa...

Cependant, les jours renaissent sur Ganareth et il est temps pour nous de quitter le confort de la cité marchande pour prendre part à la querelle ; depuis l'apparition des immortels, les armées de Dragoon semblent s'affaiblir peu à peu, mais les pertes de l'alliance sont encore trop importantes pour pouvoir sceller notre destin dans la certitude d'une victoire. Néanmoins, la peur a assiégé mon cœur et je crains que Dragoon lui même n'y soit que pour peu de chose...

La grande guerre de notre monde semble toucher à sa fin et Al-Drifa se complait de cette situation ; la cité devient de plus en plus prospère et les peuples libres de Ganareth essayent de trouver la place qui sera la leur dans le monde de demain. La guerre contre Dragoon est peut être sur le point de s'achever mais les peuples opprimés la veille sont prêt à se quereller de bon matin. Et à ce jour les dragons me semble de moindre importance face à ce qu'une guerre des peuples pourrait engendrer.

Bientôt, les Nomades se dirigerons d'un pas souple sur les chemins de Ganareth car il est temps pour nous de reprendre la route et de poursuivre nos destins de voyageurs. De nos lames nous combattrons les dragons et de nos pas nous continuerons à parfaire notre connaissance de cette terre qui nous est offerte par les dieux. Puisse Zéphyr nous guidés vers les merveilles de ce monde et puisse notre amitié nous hisser, sous des astres favorables, aux sommets de Ganareth...

J'aimerais revoir Aldaiar, la cité de mon cœur, car il me tarde à moi de remettre un visage sur ce qu'il me reste de souvenir ; peut être a t elle été détruite par les dragons ? je n'ose espérer le contraire et il me serait bien douloureux de savoir que de noires cendres viennent ternir à nouveau un paysage si cher à mon âme.
J'aimerais montrer à mes compagnons le berceau de mon enfance et leur présenter ce cher Dagororn... les bardes de notre clan pourraient alors tirer maints enseignements de toute se sagesse de professeur... Je prie pour que ma cité soit encore de ce monde...

Ainsi donc, plus que quelques jours et nous quitterons Al-Drifa pour faire des Nomades ce que nous avons toujours rêver ; un jour viendra où les explorateurs détermineront le devenir de ce monde, un jour viendra où les Nomades feront de Ganareth une terre bénie du souffle divin de Zéphyr...

Jour 441, année 8881. Quelque part vers le Nord:

Les mois se sont écoulés et je me rend compte à présent que je n’avais, de ma plume, repris l’écriture de mes mémoires depuis bien longtemps. Cependant, je dois avouer que le temps me manque… et tant de choses restent à faire…

Les Nomades avancent peu à peu dans le vaste monde de Ganareth et du haut de notre citadelle enneigée, nous contemplons le chemin parcourut par chacun d’entre nous. Je ne sais si l’inconscient nomade de notre cher lutin s’est reflété dans la naissance de Darkcloud, mais la forteresse est bien à l’image de notre guilde.

Située à l’extrême nord du royaume d’Agnar, long est le chemin conduisant au pic sur lequel elle domine le désert de neige des régions froides.
« Comme déposée sur le toit du monde, elle m’a accueillit de ses bras de tourelles après un long périple à travers les terres montagneuses du nord »… c’est en ces termes que me l’a décrit Belegoth lors de son dernier passage en territoire neutre ; il faut dire que depuis son enrôlement dans les rang de Darkcloud, je ne le vois que très rarement.

J’ai rencontré ce Demi-Orc il y a peu de temps et cette rencontre n’est pas sans conséquence sur ma vie de druide. Alors que depuis mon enfance, je privilégiait les arts de la nature, les heures passées aux côtés de ce chevalier noir dans des querelles (peu justifiées certes) m’ont poussé légèrement vers des instincts guerriers, peut être enfouis en moi depuis trop longtemps.

Quoi qu’il en soit, après avoir échangé quelques faits d’armes avec ce cher ami, il décida de rejoindre les rangs de Bel’kor, de vouer son temps à la défense de Darkcloud et à méditer en haut des monts enneigés… Quant à moi, c’est au royaume d’Ysatis que se poursuit mon chemin…

Jour 442, année 8881. Destin Dur'athien:

Voilà un mois maintenant que j’ai délaissé le calme des terres neutres pour le royaume d’Ysatis, un mois que je parcours ce territoire qui m’était alors inconnu… car qu’en est il de ce riche royaume ? alors que Darks et Lights se dispersent peu à peu sur les terres des dieux et que les temps de reconquête semblent être à leur apogée, les membres de Dur’ath, soucieux de ce qui se passe loin de leurs yeux, tentent de s’organiser, car mieux protéger sont ceux qui sont informés.

Ainsi, c’est avec grand dévouement pour les Nomades que je suis parti en direction du royaume d’Ysatis, avec comme unique volonté de devenir l’ombre de ce royaume… je ne sais combien de temps me prendra ce voyage, mais j’y accorderai toute ma ferveur autant que faire ce peu.
Je crois n’avoir jamais traversé auparavant de royaume aussi riche de paysages; sot est celui qui n’ouvre pas ses yeux sur la beauté de ces contrées, car à lui tout seul ce royaume regroupe monts, plaines, marais et ces hauts plateaux si chers à mon cœurs à présent.

Après mes premières semaines de voyage, alors que j’atteignais le centre du royaume, il était temps pour moi de m’y établir un point de repère… et par chance une des Baronnies du comté de Dennamoped put m’accueillir au bord du grand canyon de Yocatham. C’est ainsi que j’entreprît jour après jour la construction du fort de DarkTalath, « L’ombre venue des hautes plaines ».

De ce fort de voyageur, j’enverrai le fruit de mes recherches à mes frères de Darkcloud et en ma demeure j’accueillerai les Nomades de mes bras grands ouverts.
Néanmoins, les jours s’assombrissent au Nord ; alors que DarkTalath domine des hauteurs le grand canyon, deux forts Lights en garde le couloir… Qu’adviendra t il de ma demeure ? je pressent en mon âme des événements funestes sur la terre de la déesse mère des lutins. Il me faudra faire preuve de diplomatie à présent… et de vigilance aussi…

Jour 214, année 8882. La fin d’une époque :

Après plusieurs semaines de marche, je me rend compte que la gloire de DarkTalath fut bien éphémère... tout comme celle du solitaire DarKemyn, du mérité DarKaman ou encore de l'apaisant DarkSereck. Nos forts sont tombés les uns après les autres et aujourd'hui, quelques mois après mon retour au royaume d'Agnar, je commence à croire que telle était notre destinée. Nous ne sommes pas Nomades simplement pour assouvir notre besoin d'être réunis, ce sont nos vies qui nous ont amené sur les chemins de Ganareth et les assauts répétés des lights ne sont peut être que la main de Zephyr lui-même nous ramenant de sa voix divine à la réalité de nos destins fugaces, nous ramenant à nos vies de Nomades...

Après la chute de notre dernier village, DarkSereck, j'ai commencé à comprendre au fond de mon âme qu'il est bien difficile d'aller au delà des sentiers tissés par les chants de Zephyr ; alors d'un pas incertain mais dévoué, j'ai repris ce à quoi je m'étais voué il y a un millier de lune : le voyage... et Zephyr sais que je le remercie de m'avoir rappelé à l'ordre...
Et puis... je crois qu'il est fort sage de laissé tout ceci à nos amis de la confrérie des terres noires ; comme tout Nomades, je respecterai mon engagement auprès de cette ultime alliance en leur prêtant main forte aussi souvent que faire ce peu. Cependant, c'est vers une vie de voyageur que je me dirige, telle que le seigneur des vents me l'a dessiné...

C'est ainsi que je referme ce premier livre de mes mémoires, comme l'écolier referme son cahier. Je ne sais si je reprendrais un jour ma plume de druide, cependant il me semble que ceci n'est pas un adieux mais un simple au revoir... Il est temps pour moi d'entreprendre ce dont tout écrivain, mince d'expérience soit il, a besoin : une retraite ballottée entre monts et déserts Ganarethiens...

Que Zephyr continu à guidé mes pas et puisse-t-il vous accompagner de son souffle divin...
Bien à vous.

Mortecuisse Mellonorë.
Guide Nomade.
Druide de Dur'ath

rodwen
10-02-2005, 07:46 PM
Superbe BG et très franchement, tu as du talent ! J'attends la suite avec impatience ^^

Mortecuisse
10-02-2005, 08:17 PM
Merci beaucoup Rod, venant de ta part ça fait plaisir:D

Syg-Majji
10-02-2005, 08:51 PM
En effet j'aime beaucoup la précision et l'immersion du dialogue. :god:

Mortecuisse
10-04-2005, 08:54 PM
Merci Beaucoup :D
Bg mis à jour le 4/10

wailander
10-05-2005, 06:35 AM
Joli texte j'attend la suite :clap:

Mortecuisse
10-17-2005, 10:10 PM
Merci beaucoup :D

Voili Bg mis à jour avec le quatrième et denier volet du Bg de mortecuisse, du moins en ce qui concerne son histoire avant la release de Settlers of ganareth :D

ozerworld
10-17-2005, 10:19 PM
Exclent comme je t'ai dis precedement tu as un don !

Mortecuisse
10-17-2005, 10:36 PM
Merci beaucoup :D

Epeire
10-18-2005, 04:11 AM
Que mes voeux t'accompagnent sur la route, jeune Nomade :)

Mortecuisse
10-18-2005, 06:40 AM
Merci sir Epeire :D

Mortecuisse
10-24-2005, 08:46 PM
Voilà Bg mis à jour le 22/10 :D (denier volet: "Complainte")

Jarkt
10-24-2005, 09:18 PM
Mortecuisse très bon bien qu'il mes félicitations aient le leido avec le google à être des salutations de fantastico (je jugent si c'est non compris bien moi l'ont écrit avec le google)

d'un ^^ espagnol

Nassimus
10-24-2005, 09:23 PM
Pardon Jarkt? Can you speak french? :D

Mortecuisse
10-24-2005, 10:32 PM
Thanks a lot :D but I'm not certain to understand all of your commentary :D

ümbrae
11-10-2005, 06:06 PM
Comme c'est agréable de voir des gens avec de l'inspiration !! :)

Mortecuisse
11-10-2005, 11:39 PM
Merci beaucoup :D

Mortecuisse
11-11-2005, 02:16 PM
Bg mis à jour :D
Dernier volet: "A l'approche du départ"

benledj
12-05-2005, 03:35 AM
Jolie post mortecuisse :)

Mortecuisse
12-06-2005, 05:10 AM
Merci Beaucoup Lythium :D

Mortecuisse
01-10-2006, 06:38 PM
Bg mis à jour :D
-Dernier volet: "Quelque part vers le Nord"

Mortecuisse
01-11-2006, 08:00 PM
Bg mis à jour :D
-Dernier volet: "Destin Dur'athien"

Mortecuisse
02-09-2006, 06:11 AM
Bg mis à jour :D
Dernier volet du livre premier: "la fin d'une époque".