behr
10-31-2003, 06:21 PM
L'homme, est-ce vraiment un homme, d'une carrure imposante, se rapproche du comptoir, visiblement épuisé.
Il prononce, d'une voie qui ressemble plus à des grognements, quelques mots à Bienhabile l'aubergiste. Puis s'écarte et va s'assoir d'un pas mal assuré, éprouvé par son périple.
Il reste alors assis seul à sa table silencieux.
Au bout d'un temps certain, et un certain temps, oui Bienhabile a été apparement émus par ce premier contact, et a pris soin de servir une bonne bière sans mousse, notre bonhomme d'aubergiste se rapproche de l'inconnu un sourir (commercial et forcé) aux lèvres.
L'étranger tousse. Dans le meme temps il sort péniblement une piecette de sa bourse et la pose sur la table à l'intention de Bienhabile. Sans mot dire, il commence à boire.
[...]
Laissé à l'abandon depuis quelques heures, mais également quelques bonnes bières, l'étranger était toujours atablé, le visage dans l'ombre.
La taverne commençait à se vider, les verres continuait à se multiplier, l'inconnu semblait de plus en plus mal en point mais ses grognements avaient disparu... En effet ces sons inquiétant étaient maintenant remplacés, depuis une bonne bière (car il est bien connu que le temps se distord avec l'alcool), par les frottement répétés de sa dague sur la table.
Tout oeil avisé aura d'ailleurs remarqué que ladite dague était de bien bonne facture.
(...)
Le bruit sourd d'un verre vide posé brutalement sur le comptoir se fait entendre. Le dernier client se lève lance sa cape en arrière d'un geste disgratieux et violent.
(...)
Bienhabile commence à s'impatienter. Il n'ose pas déranger le mystérieux individu. Les bruits au dehors le font sortir de sa torpeur. C'est probablement la milice qui fait la ronde. Il est donc plus que temps de se décider à fermer. Il commence à faire le tour du comptoir, quand il s'arrête surpris. L'homme, l'individu acerbe arrivé dans l'après midi est maintenant la devant lui. Apparemment un sourire se dessine sur son visage, ce qui ajoute à la surprise de Bienhabile.
- Excusez moi, prononce l'étranger avec un accent qui ne provient pas que des bières consommées, j'ai sommeil et je ne sais ou dormir. J'ai
- Biensûr, répond prestement Bienhabile.
Le visage de l'étranger s'assombri, il n'a apparemment pas apprécié de se faire couper la parole. Bienhabile se rend compte de sa maladresse, s'incline poliment fait très rapidement le tour du comptoir. Il y pose une grosse clef poussiéreuse.
- Euh voila ... monsieur ?
- Aleoen... [un soupir] mettez ça sur ma note et bonne nuit.
L'étranger disparait dans l'escalier, sûr de lui, sans demander son chemin. Bienhabile s'en va vers la table pour la nettoyer. Il est tellement fatigué qu'il ne remarque pas le dessin que son hôte a gravé dans le bois :
A l'étage les bruits de pas se taisent et le sommeil reprend son droit. Bienhabile soulagé de voir la fin de la journée s'en va lui aussi quérir le repos.
[...]
Le soleil n'était pas levé depuis bien longtemps quand Ark entra dans la taverne pour y prendre son petit déjeuner...
Il aimait cette heure matinale où les animaux eux-même sont encore dans le paté et les soldats de garde cuvent leur vin. Depuis longtemps, l'aubergiste avait pris l'habitude de préparer un oeuf de dodo à la coque dès son réveil, de le poser sur une table, d'ouvrir la porte de la taverne et de retourner dans l'arrière-boutique se préparer.
Ark Turukh savourait cette solitude quand son regard fût atiré par un étrange dessin gravé dans le bois de la table :
[NdLR voir plus haut]
- Frikschtree! Qu'est-ce donc qu'est-ce? Mmmmhh, cette gravure est recente à en croire l'état du bois! Des lettres étranges à côté sont écrites, mais à les lire je ne parviens! On dirait la représentation d'un homme accroché à une nacelle, suspendue à... un dodo? avec des ailes? Euh, non, ça doit pas être ça!...
Le lutin s'empressa de sortir un parchemin de sa besace, et à l'aide d'un morceau de fusain, il entreprit de décalquer le dessin...
- Tiens, il y a comme une signature en dessous... "AIZ" Qu'est-ce que cela peut bien signifier?
- Crotte de gruik! Mon oeuf de dodo est en train de refroidir!...
[...]
Le soleil souriait depuis quelques jours dans le ciel. Ce matin là, encore une fois aucun nuage ne perturbait sa course. Au travers de la fenetre ouvert, il jouait d'ombre et de lumière sur la terre battue de l'auberge. Chatouillant les sandalettes d'un lutin en plein combat. Lourdement armé d'une cuillière, celui ci dominait son sujet préféré... un bon oeuf de dodo matinal.
Sifflotant discretement, ne dérangeant personne. Il s'installait. Même le lutin, lève tôt et toujours bien réveillé de si bon matin, ne l'avait remarqué. Le vent était froid et discret. Mais de plus en plus froid et le soleil n'y pouvait rien. Un sifflement plus aigu donna la chair de Dodo à notre ami lutin. Enfin la personne la plus attentive du royaume remarquait qu'il se passait quelque chose d'étrange au dehors. Après ce qu'il avait vu gravé sur la table, seul Malecta sait ce qui pouvait se passer dans sa tête bien pleine, à la fois de pensée, de curiosité, mais aussi d'une bouchée d'oeuf de dodo largement machouillée.
Inconsciemment son regard fut attiré vers la fenêtre ou il cru voir passer des parchemins volants !
[Quelques heures plus tôt sur une route escarpée menant vers un col ...]
Dégrisé par une longue marche, Aleoen se souvenait avec nostalgie de la soirée passée à l'auberge. Depuis son départ, à l'aube, dans l'immobilité silencieuse d'un quartier encore endormi, le soleil l'accompagnait dans la marche. Il compatait apparemment lui aussi gravir le col qui s'élevait à quelques volée de là, mais à sa manière. Le soleil était là mais une fraicheur anormal pour l'endroit commencait à naître. Comme si le soleil était fatigué, lui aussi, d'accompagner notre étranger.
Chacun élément poursuivait sa route. Un vent naquit au sommet du col et vint siffloter aux oreilles d'un Aleoen gravissant une pente de plus en plus pénible. Le soleil poursuivait lui aussi sa route, mais sans le succès qu'on lui connait d'habitude. Une sensation étrange. La fraicheur de l'air semblait lui être maintenant exclusivement destinée.
Il faiblissait. Il marchait. Il souffrait. (Aleoen)
Il jaunissait. Il s'élevait. Il éblouissait. (Le soleil)
Elle restait la. Elle l'immobilisait. Elle le faisait souffir (la fraicheur)
Il soufflait. Il soufflait. Et s'obtinait à souffler...
La douleur ne lui parvenait plus tellement son degré de fatigue était important. Il ne savait même plus pourquoi il avait entrepris ce voyage. Il titubait, sa démarche était semblable à celle de son arrivée dans l'auberge, son visage était marqué et meurti par le vent. Une racine lui emprisonna sournoisement la cheville. La chute fut inévitable et il tomba inconscient sur le chemin.
Aleoen était acoutré comme un voyageur moyen. Une cape sombre pour se protéger du froid, de la pluie, des regards. Une petite dague de bien belle facture. Des vêtements amples taillés pour la marche, à l'origine magnifiques, qui se transformait jour après jour en guenilles. Et tout son fatras de voyageur dans son baluchon.
Dans sa chute, donc, son baluchon se déchira. Et par un souffle grandissant, le vent du destin commença son oeuvre. Alors un à un, divers parchemins, s'envolèrent. Sur chacun d'entre eux des schémas, des dessins, des écrits ... mais toujours la même signature ... AIZ.
[...]
Ark en fit tomber sa mouillette dans son oeuf : des parchemins il pleuvait!
- Frikschtree! Il va falloir que j'arrête les oeufs de dodo flambés moi, je les digère mal!
Il s'approcha de la fenêtre en se frottant les yeux et l'ouvrit. Magie!! Un à un les parchemins entrèrent et se posèrent en un tas ordonné sur la table!!
- Frikschtree, je retourne me coucher moi! J'ai jamais vu ça ! Des parchemins doués d'une volonté propre!
- Dans un conte pour enfant on se croirait, ajouta-t-il avec un sourire.
Le lutin s'empressa de mettre le paquet de parchemins dans sa besace. Ils portaient tous la signature AIZ, la même que celle qui était gravée sur la table...
Avant de sortir, il s'agenouilla et adressa une courte prière de remerciement à Malecta. En son coeur, il ne doutait pas que la déesse avait voulu lui envoyer un signe, une façon de dire, en d'autres mots :
- Arrête de contempler ton oeuf, feignasse lutine, et mets-toi en quête de cet AIZ! Ou donc est-passée ta légendaire curiosité, glouton liliputhien??!!
En se rendant à la bibliothèque, pour y prendre les affaires nécessaires à un voyage dont nul ne pouvait prévoir la durée, il fit un rapide calcul mental, ressemblant à peu près à cela :
- Mmmm.... L'homme qui portait ces parchemins doit se trouver à une quinzaine de kilomètres vers l'est, sous un grand rocher, et il porte des chaussures bleues...
Les raisonnements lutins sont parfois étranges...
Vêtu d'une chaude chapeline, muni de ses indispensables instruments de mesure, le bibliothécaire se mit en route à dodo sur Jojo, son fidèle destrier.
Ark avançait depuis deux bonnes heures déjà, grignotant des oeufs de dodo durs pour calmer sa faim, et passer le temps. Le paysage devenait de plus en plus monotone et le froid de plus en plus vif commençait à engourdir ses membres.
Il était temps de faire une pause, histoire de laisser Jojo se reposer un peu et de manger un morceau. Le bibliothécaire voyageur avisa un rocher qui lui semblait un bon abri contre le vent, posa sa chapeline sur un petit monticule de neige, et entama son casse-croûte...
Ark était donc assis sur sa chapeline, elle même posée sur un petit monticule de neige, et mangeait plus ou moins tranquillement son casse-croûte, quand il vit comme un bout de vêtement dans la neige...
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de dire..
Il s'empressa de déblayer la neige et réussit à dégager ce qui ressemblait à un corps...
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de redire...
... un corps avec des chaussures vertes.
-Ouf! Ce n'est pas l'homme que je cherche! Je suis désolé pour ce pauvre bougre qui ne méritait sans doute pas cela, mais ça me rassure : mon homme est peut-être encore en vie...
Soudain, son regard se posa sur un objet brilliant. Il s'accroupit vers l'objet, ce qui lui permit de n'être plus qu'à 45 cm du sol environ, au lieu des 80 cm habituels, et prit l'objet dans ses mains... C'était une dague de très jolie facture, dorée, ornée et sertie avec soin, et sur le manche étaient gravées les initiales AIZ.
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de re-redire...
Inutile de raconter ce qui s'ensuivit : la dague enfournée dans le sac, un petit coup de potion revigorante donnée au mort juste au cas où, le corps de "AIZ" balancé sur le dodo, et voilà notre lutin en quête du clerc le plus proche.
L'image de ce petit lutin et de ce petit dodo peinant avec ce grand corps de demi-elfe aurait pu être comique si elle n'avait pas été si tragique. Le lecteur est donc prié de respecter la tension dramatique du récit. Merci.
Il prononce, d'une voie qui ressemble plus à des grognements, quelques mots à Bienhabile l'aubergiste. Puis s'écarte et va s'assoir d'un pas mal assuré, éprouvé par son périple.
Il reste alors assis seul à sa table silencieux.
Au bout d'un temps certain, et un certain temps, oui Bienhabile a été apparement émus par ce premier contact, et a pris soin de servir une bonne bière sans mousse, notre bonhomme d'aubergiste se rapproche de l'inconnu un sourir (commercial et forcé) aux lèvres.
L'étranger tousse. Dans le meme temps il sort péniblement une piecette de sa bourse et la pose sur la table à l'intention de Bienhabile. Sans mot dire, il commence à boire.
[...]
Laissé à l'abandon depuis quelques heures, mais également quelques bonnes bières, l'étranger était toujours atablé, le visage dans l'ombre.
La taverne commençait à se vider, les verres continuait à se multiplier, l'inconnu semblait de plus en plus mal en point mais ses grognements avaient disparu... En effet ces sons inquiétant étaient maintenant remplacés, depuis une bonne bière (car il est bien connu que le temps se distord avec l'alcool), par les frottement répétés de sa dague sur la table.
Tout oeil avisé aura d'ailleurs remarqué que ladite dague était de bien bonne facture.
(...)
Le bruit sourd d'un verre vide posé brutalement sur le comptoir se fait entendre. Le dernier client se lève lance sa cape en arrière d'un geste disgratieux et violent.
(...)
Bienhabile commence à s'impatienter. Il n'ose pas déranger le mystérieux individu. Les bruits au dehors le font sortir de sa torpeur. C'est probablement la milice qui fait la ronde. Il est donc plus que temps de se décider à fermer. Il commence à faire le tour du comptoir, quand il s'arrête surpris. L'homme, l'individu acerbe arrivé dans l'après midi est maintenant la devant lui. Apparemment un sourire se dessine sur son visage, ce qui ajoute à la surprise de Bienhabile.
- Excusez moi, prononce l'étranger avec un accent qui ne provient pas que des bières consommées, j'ai sommeil et je ne sais ou dormir. J'ai
- Biensûr, répond prestement Bienhabile.
Le visage de l'étranger s'assombri, il n'a apparemment pas apprécié de se faire couper la parole. Bienhabile se rend compte de sa maladresse, s'incline poliment fait très rapidement le tour du comptoir. Il y pose une grosse clef poussiéreuse.
- Euh voila ... monsieur ?
- Aleoen... [un soupir] mettez ça sur ma note et bonne nuit.
L'étranger disparait dans l'escalier, sûr de lui, sans demander son chemin. Bienhabile s'en va vers la table pour la nettoyer. Il est tellement fatigué qu'il ne remarque pas le dessin que son hôte a gravé dans le bois :
A l'étage les bruits de pas se taisent et le sommeil reprend son droit. Bienhabile soulagé de voir la fin de la journée s'en va lui aussi quérir le repos.
[...]
Le soleil n'était pas levé depuis bien longtemps quand Ark entra dans la taverne pour y prendre son petit déjeuner...
Il aimait cette heure matinale où les animaux eux-même sont encore dans le paté et les soldats de garde cuvent leur vin. Depuis longtemps, l'aubergiste avait pris l'habitude de préparer un oeuf de dodo à la coque dès son réveil, de le poser sur une table, d'ouvrir la porte de la taverne et de retourner dans l'arrière-boutique se préparer.
Ark Turukh savourait cette solitude quand son regard fût atiré par un étrange dessin gravé dans le bois de la table :
[NdLR voir plus haut]
- Frikschtree! Qu'est-ce donc qu'est-ce? Mmmmhh, cette gravure est recente à en croire l'état du bois! Des lettres étranges à côté sont écrites, mais à les lire je ne parviens! On dirait la représentation d'un homme accroché à une nacelle, suspendue à... un dodo? avec des ailes? Euh, non, ça doit pas être ça!...
Le lutin s'empressa de sortir un parchemin de sa besace, et à l'aide d'un morceau de fusain, il entreprit de décalquer le dessin...
- Tiens, il y a comme une signature en dessous... "AIZ" Qu'est-ce que cela peut bien signifier?
- Crotte de gruik! Mon oeuf de dodo est en train de refroidir!...
[...]
Le soleil souriait depuis quelques jours dans le ciel. Ce matin là, encore une fois aucun nuage ne perturbait sa course. Au travers de la fenetre ouvert, il jouait d'ombre et de lumière sur la terre battue de l'auberge. Chatouillant les sandalettes d'un lutin en plein combat. Lourdement armé d'une cuillière, celui ci dominait son sujet préféré... un bon oeuf de dodo matinal.
Sifflotant discretement, ne dérangeant personne. Il s'installait. Même le lutin, lève tôt et toujours bien réveillé de si bon matin, ne l'avait remarqué. Le vent était froid et discret. Mais de plus en plus froid et le soleil n'y pouvait rien. Un sifflement plus aigu donna la chair de Dodo à notre ami lutin. Enfin la personne la plus attentive du royaume remarquait qu'il se passait quelque chose d'étrange au dehors. Après ce qu'il avait vu gravé sur la table, seul Malecta sait ce qui pouvait se passer dans sa tête bien pleine, à la fois de pensée, de curiosité, mais aussi d'une bouchée d'oeuf de dodo largement machouillée.
Inconsciemment son regard fut attiré vers la fenêtre ou il cru voir passer des parchemins volants !
[Quelques heures plus tôt sur une route escarpée menant vers un col ...]
Dégrisé par une longue marche, Aleoen se souvenait avec nostalgie de la soirée passée à l'auberge. Depuis son départ, à l'aube, dans l'immobilité silencieuse d'un quartier encore endormi, le soleil l'accompagnait dans la marche. Il compatait apparemment lui aussi gravir le col qui s'élevait à quelques volée de là, mais à sa manière. Le soleil était là mais une fraicheur anormal pour l'endroit commencait à naître. Comme si le soleil était fatigué, lui aussi, d'accompagner notre étranger.
Chacun élément poursuivait sa route. Un vent naquit au sommet du col et vint siffloter aux oreilles d'un Aleoen gravissant une pente de plus en plus pénible. Le soleil poursuivait lui aussi sa route, mais sans le succès qu'on lui connait d'habitude. Une sensation étrange. La fraicheur de l'air semblait lui être maintenant exclusivement destinée.
Il faiblissait. Il marchait. Il souffrait. (Aleoen)
Il jaunissait. Il s'élevait. Il éblouissait. (Le soleil)
Elle restait la. Elle l'immobilisait. Elle le faisait souffir (la fraicheur)
Il soufflait. Il soufflait. Et s'obtinait à souffler...
La douleur ne lui parvenait plus tellement son degré de fatigue était important. Il ne savait même plus pourquoi il avait entrepris ce voyage. Il titubait, sa démarche était semblable à celle de son arrivée dans l'auberge, son visage était marqué et meurti par le vent. Une racine lui emprisonna sournoisement la cheville. La chute fut inévitable et il tomba inconscient sur le chemin.
Aleoen était acoutré comme un voyageur moyen. Une cape sombre pour se protéger du froid, de la pluie, des regards. Une petite dague de bien belle facture. Des vêtements amples taillés pour la marche, à l'origine magnifiques, qui se transformait jour après jour en guenilles. Et tout son fatras de voyageur dans son baluchon.
Dans sa chute, donc, son baluchon se déchira. Et par un souffle grandissant, le vent du destin commença son oeuvre. Alors un à un, divers parchemins, s'envolèrent. Sur chacun d'entre eux des schémas, des dessins, des écrits ... mais toujours la même signature ... AIZ.
[...]
Ark en fit tomber sa mouillette dans son oeuf : des parchemins il pleuvait!
- Frikschtree! Il va falloir que j'arrête les oeufs de dodo flambés moi, je les digère mal!
Il s'approcha de la fenêtre en se frottant les yeux et l'ouvrit. Magie!! Un à un les parchemins entrèrent et se posèrent en un tas ordonné sur la table!!
- Frikschtree, je retourne me coucher moi! J'ai jamais vu ça ! Des parchemins doués d'une volonté propre!
- Dans un conte pour enfant on se croirait, ajouta-t-il avec un sourire.
Le lutin s'empressa de mettre le paquet de parchemins dans sa besace. Ils portaient tous la signature AIZ, la même que celle qui était gravée sur la table...
Avant de sortir, il s'agenouilla et adressa une courte prière de remerciement à Malecta. En son coeur, il ne doutait pas que la déesse avait voulu lui envoyer un signe, une façon de dire, en d'autres mots :
- Arrête de contempler ton oeuf, feignasse lutine, et mets-toi en quête de cet AIZ! Ou donc est-passée ta légendaire curiosité, glouton liliputhien??!!
En se rendant à la bibliothèque, pour y prendre les affaires nécessaires à un voyage dont nul ne pouvait prévoir la durée, il fit un rapide calcul mental, ressemblant à peu près à cela :
- Mmmm.... L'homme qui portait ces parchemins doit se trouver à une quinzaine de kilomètres vers l'est, sous un grand rocher, et il porte des chaussures bleues...
Les raisonnements lutins sont parfois étranges...
Vêtu d'une chaude chapeline, muni de ses indispensables instruments de mesure, le bibliothécaire se mit en route à dodo sur Jojo, son fidèle destrier.
Ark avançait depuis deux bonnes heures déjà, grignotant des oeufs de dodo durs pour calmer sa faim, et passer le temps. Le paysage devenait de plus en plus monotone et le froid de plus en plus vif commençait à engourdir ses membres.
Il était temps de faire une pause, histoire de laisser Jojo se reposer un peu et de manger un morceau. Le bibliothécaire voyageur avisa un rocher qui lui semblait un bon abri contre le vent, posa sa chapeline sur un petit monticule de neige, et entama son casse-croûte...
Ark était donc assis sur sa chapeline, elle même posée sur un petit monticule de neige, et mangeait plus ou moins tranquillement son casse-croûte, quand il vit comme un bout de vêtement dans la neige...
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de dire..
Il s'empressa de déblayer la neige et réussit à dégager ce qui ressemblait à un corps...
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de redire...
... un corps avec des chaussures vertes.
-Ouf! Ce n'est pas l'homme que je cherche! Je suis désolé pour ce pauvre bougre qui ne méritait sans doute pas cela, mais ça me rassure : mon homme est peut-être encore en vie...
Soudain, son regard se posa sur un objet brilliant. Il s'accroupit vers l'objet, ce qui lui permit de n'être plus qu'à 45 cm du sol environ, au lieu des 80 cm habituels, et prit l'objet dans ses mains... C'était une dague de très jolie facture, dorée, ornée et sertie avec soin, et sur le manche étaient gravées les initiales AIZ.
- Crotte de Gruik! ne put-il s'empêcher de re-redire...
Inutile de raconter ce qui s'ensuivit : la dague enfournée dans le sac, un petit coup de potion revigorante donnée au mort juste au cas où, le corps de "AIZ" balancé sur le dodo, et voilà notre lutin en quête du clerc le plus proche.
L'image de ce petit lutin et de ce petit dodo peinant avec ce grand corps de demi-elfe aurait pu être comique si elle n'avait pas été si tragique. Le lecteur est donc prié de respecter la tension dramatique du récit. Merci.