Aybabtu
06-17-2004, 03:43 AM
Avant toute chose fut le néant. Gothar, le tout puissant, arriva dans son chariot tiré par le soleil et écarta le pesant voile du Néant.
Ainsi commence le Ganheptameron.
Ainsi voudrais-je dédier cet ouvrage à Gothar, qui je le sais a toujours guidé mes pas.
Qu'il est ingrat de parler de soi, mais j'ai un énorme besoin de lumière sur ce qu'a été ma vie, alors qu'elle est à son crépuscule.
Ma main tremble, la plume chancelle, les images défilent.
Tant que j'en aurai la force, je m'efforcerai d'écrire ce que je fus, au lecteur de comprendre.
Dans une lointaine contrée par delà les infranchissables reliefs
Des bords de ce monde vécut une jeune femme déchirée
Par une soudaine et inattendue maternité. Elle pleurait,
Entre les bras son nourisson qui de père n'avait point.
Pourtant nul ne la condamnait, dans ces pays-là les moeurs
Ne concernent que les intéressés et bien peu regardante est
La morale. L'enfant fut conçu dans la douleur du non consentement.
Loin de son épouse un fier paladin s'était jugé méritant.
Toute force qu'ait le sanglot il reste vain devant la dignité
La résignation face au destin. Le passé est une chose,
Immuable, qu'il faut accepter, non sans souffrance.
Cette femme le comprit et aima son fils autant que son coeur
Le put, son sacrifice ne le rendit pas noble mais fier et fervent.
Pris dans le blizzard d'un port, le preux disparut avec sa monture
Dans les profondeurs d'une crevasse. Ce ne fut que bien après
Que sage la montagnarde absout cet homme qui lui fit un tel présent.
En les étendues rocailleuses de ce monde que nous connaissons,
Furent deux frères dans la tendresse de l'âge encore
Qui jouaient. Le premier né, unique héritier des aïeux,
Symbole choyé de la continuité d'une descendance assurée,
Se montrait incapable de projeter ne serait-ce qu'aussi loin
Son galet de celui du cadet. Ce dernier, qui ne s'était point
Vu promettre l'ombre de la semelle trouée d'une botte,
Ne s'abstint de faire remarquer à son fortuné aîné
Que le monde est mal fait et qu'injuste demeure la providence
De lui avoir donné vie deux printemps trop tard,
Laissant le domaine, ses terres, ses richesses voué
A une ruine certaine entre les mains d'un tel incapable.
Le frêle mais sage enfant n'en tint pas compte et la raison
De la Nature et des Dieux se démontra d'elle même plus tard,
Quand grelottant par les sombres matins d'automne il laboura,
Seul avec la volonté de l'éternel devoir qui par le sang lui incombait,
Les possessions héréditaires qui à l'horizon se perdaient,
Là même où le benjamin ne sut mieux que lancer un caillou.
Ainsi commence le Ganheptameron.
Ainsi voudrais-je dédier cet ouvrage à Gothar, qui je le sais a toujours guidé mes pas.
Qu'il est ingrat de parler de soi, mais j'ai un énorme besoin de lumière sur ce qu'a été ma vie, alors qu'elle est à son crépuscule.
Ma main tremble, la plume chancelle, les images défilent.
Tant que j'en aurai la force, je m'efforcerai d'écrire ce que je fus, au lecteur de comprendre.
Dans une lointaine contrée par delà les infranchissables reliefs
Des bords de ce monde vécut une jeune femme déchirée
Par une soudaine et inattendue maternité. Elle pleurait,
Entre les bras son nourisson qui de père n'avait point.
Pourtant nul ne la condamnait, dans ces pays-là les moeurs
Ne concernent que les intéressés et bien peu regardante est
La morale. L'enfant fut conçu dans la douleur du non consentement.
Loin de son épouse un fier paladin s'était jugé méritant.
Toute force qu'ait le sanglot il reste vain devant la dignité
La résignation face au destin. Le passé est une chose,
Immuable, qu'il faut accepter, non sans souffrance.
Cette femme le comprit et aima son fils autant que son coeur
Le put, son sacrifice ne le rendit pas noble mais fier et fervent.
Pris dans le blizzard d'un port, le preux disparut avec sa monture
Dans les profondeurs d'une crevasse. Ce ne fut que bien après
Que sage la montagnarde absout cet homme qui lui fit un tel présent.
En les étendues rocailleuses de ce monde que nous connaissons,
Furent deux frères dans la tendresse de l'âge encore
Qui jouaient. Le premier né, unique héritier des aïeux,
Symbole choyé de la continuité d'une descendance assurée,
Se montrait incapable de projeter ne serait-ce qu'aussi loin
Son galet de celui du cadet. Ce dernier, qui ne s'était point
Vu promettre l'ombre de la semelle trouée d'une botte,
Ne s'abstint de faire remarquer à son fortuné aîné
Que le monde est mal fait et qu'injuste demeure la providence
De lui avoir donné vie deux printemps trop tard,
Laissant le domaine, ses terres, ses richesses voué
A une ruine certaine entre les mains d'un tel incapable.
Le frêle mais sage enfant n'en tint pas compte et la raison
De la Nature et des Dieux se démontra d'elle même plus tard,
Quand grelottant par les sombres matins d'automne il laboura,
Seul avec la volonté de l'éternel devoir qui par le sang lui incombait,
Les possessions héréditaires qui à l'horizon se perdaient,
Là même où le benjamin ne sut mieux que lancer un caillou.