Lysandore, la Haute-elfe Druide


(Par Quilicin, disciple du barde Circeliane, le découvreur de vieux textes).

Lysandore était d’une beauté à nulle autre comparable. Elle allait souvent seule par les sentiers de la forêt où elle communiait avec l’esprit des arbres majestueux et le ciel, un peu à la manière des Elfes de la race originelle. Elle avait une grande intelligence et avait appris à mêler les essences végétales pour fabriquer des potions aux pouvoirs parfois surprenants.

Un jour, elle flânait par les sentiers couverts de mousses douces et épaisses, lorsqu’elle sentit une présence qui lui sembla familière. Ellianor le Druide, l’immortel enfant de Gothar, était adossé au pied d’un puissant chêne, à son côté était un impressionnant loup blanc. Le loup s’approcha de Lysandore et lui lécha la main comme le ferait un animal familier. Ellianor parut assez surpris par la réaction de la bête, une surprise plutôt agréable si l’on en juge par le sourire qui illuminait son visage.

À la suite de cette rencontre, Lysandore quitta la forêt pour suivre les enseignements d’Ellianor sur les chemins de Ganareth. Son intelligence et sa sensibilité lui permirent de développer les liens qu’elle avait tissés depuis sa plus tendre enfance avec les éléments naturels. On dit qu’elle avait de grandes dispositions pour se lier aux animaux quels qu’ils soient et qu’elle en perçait les plus grands secrets. Elle fut certainement l’une des personnes les plus proches d’Ellianor, mais le jour vint ou ils durent se séparer. Lysandore ressentait l’appel de sa forêt, un appel irrésistible et Ellianor devait continuer à former des disciples pour faire face aux temps sombres qui s’annonçaient.

Quand Lysandore revint chez elle, elle y découvrit une profonde inquiétude : des Dragons s’étaient rassemblés à l’orée de la forêt et se préparaient à semer la mort et la désolation. L’inquiétude des Elfes était d’autant plus justifiée que la magie n’était plus aussi puissante que ce qu’elle avait été dans l’ancien temps, avant le grand cataclysme. Lorsque les Dragons se mirent à attaquer, ils volaient en tournoyant au-dessus de la forêt et incendiaient les arbres en crachant un feu dévastateur. La saison était chaude et le feu causait de grands dégâts sous le regard impuissant des Hauts Elfes. Lysandore se mit à genoux et implora la toute puissance de Gothar. Elle éleva les mains vers le ciel et des nuages se formèrent, au milieu d’un ciel pourtant bleu. Au bout d’un certain temps, la pluie se mit à tomber et éteignit les incendies. Lysandore intensifia sa prière, poussant parfois des cris aigus auxquels répondaient en écho de puissants éclairs. Bientôt ceux-ci foudroyèrent les Dragons dans leur vol.

Lorsque le calme et la sérénité revinrent, le conseil des Hauts Elfes remit à Lysandore un long manteau blanc où étaient brodées de nombreuses formules dans la langue ancienne. Les broderies étaient cousues avec un fil d’or d’une extrême finesse. Ce manteau était l’unique exemplaire restant, souvenir des Elfes originels. Il avait jadis le pouvoir d’accroître les dons de celui qui le portait et de le protéger de nombreux coups. On dit que ce manteau avait perdu son pouvoir, mais la légende veut que Lysandore ait trouvé le moyen de lui redonner. Nombreux sont ceux qui pensent que les cristaux de lune qu’elle y broda elle-même sont la clef du mystère...