Pilhey, le Gnome Barde
(Par Pildor, Gnome Barde, auteur de Dr’ Nichtgutwestrollzeehochbaumacher, « Le Faiseur d’arc-en-ciel du mauvais océan de l’Ouest », recueil de 8712 pages, disponible aux éditions Zut Geld, à Armstallmenchgutloch, pas cher).
Chacun sait que les Gnomes sont les meilleurs Bardes qui soient. Eux seuls savent présenter les mensonges avec cette si belle apparence de vérité qui fait que les plus incrédules arrêtent de bavarder et posent leurs hanaps de Ravage-tripes, l’œil humide et la lippe baveuse. C’est ça, la poésie !
Par exemple, qui mieux qu’un Gnome saura présenter la majestueuse grandeur d’un Jarzub glouton arrachant une à une ses huit pattes à la glaise du marais ? Un Humain parlerait de boue gluante, un Elfe pincerait les narines avec mépris, un Nain tremblerait de peur, sans doute.. Mais un Gnome saura vous rendre l’atmosphère, la lumière verdâtre, les odeurs même, avec une telle force que vous vous y croirez ! Pour ceux qui auraient des doutes, je les renvoie à mon dernier ouvrage : ils seront édifiés.
Pilhey était un de ceux-là. La grande Circéliane elle-même avait été éblouie par son talent. « Pilhey, avait-elle l’habitude de dire, tu m’en bouches un coin ! » Et Pilhey, modestement, la remerciait par un autre poème. Elle en était folle. Il aurait pu faire ce qu’il voulait d’elle, mais nous autres Gnomes, nous n’avons pas de goût pour les femmes de plus d’un mètre quatre-vingt : il a fini par la larguer. D’ailleurs, il avait tout appris d’elle.
Il a couru le monde, calmant les ennemis par la parole, alors que tant d’autres croient aux vertus du gourdin. C’était le meilleur. Enfin, pour son époque car depuis, on a fait du progrès. À ce propos, j’invite le public à lire mon dernier livre.
Il a beaucoup d’adeptes d’Elliak aussi bien que de Vuuar, qui cherchent les secrets de son savoir. Ceux-ci sont-ils au « Sable de Pilhey », ou Pilhey Zand ? Que cherchent ceux qui ont besoin. Pour ma part, je n’ai pas nécessité de ces accessoires. Mon talent pur me suffit.
Femme, apporte mes pantoufles : mes chevilles ont encore enflé. Je me demande pourquoi.