Pilhull, la Gnome Clerc


(Par Pildor, Gnome Barde, auteur de Dr’ Nichtgutwestrollzeehochbaumacher, « Le Faiseur d’arc-en-ciel du mauvais océan de l’Ouest », recueil de 8712 pages, disponible aux éditions Zut Geld, à Armstallmenchgutloch, pas cher).

Il n’y a pas meilleur en ce monde qu’un Gnome.
Il n’y a pas meilleur pour soigner qu’un Gnome.
Non, même les Nains ne nous arrivent pas à la cheville.
Mais je me dois d’être objectif : j’ai beau penser qu’il n’y a pas meilleur qu’un Gnome mâle, il me faut reconnaître l’incontestable prééminence de Pilhull sur tous les Clercs que Ganareth ait engendrés, Nains compris. Ma consœur Uget Bell, dont l’objectivité est bien connue, abonde dans mon sens et a rendu hommage, dans un article retentissant, aux mérites inoubliables et légendaires de Pilhull, qui éclipsent largement ceux de toutes les autres races, à commencer par celle des Nains, qui méritent à peine qu’on parle d’eux.

Maints ennemis s’étonnèrent de l’incroyable puissance qui pouvait jaillir d’une si petite bonne femme. C’est que nous sommes de fameux calibres, nous autres Gnomes ! Pas comme les Nains !

Pilhull possédait des mitaines tricotées par sa mère, chargées d’un fameux pouvoir magique (la laine des environs de Rotloch, le « Lac Rouge » dans notre beau langage, est réputée pour ses capacités accumulatrices), mais leur puissance fut centuplée par Guerhoan, le grand Clerc Immortel, lequel fut subjugué par le talent et l’énergie de Pilhull. Il lui enseigna également les sorts qui guérissent : ainsi Pilhull pouvait-elle aussi bien déchaîner la colère et la foudre que soigner les blessures les plus graves. On dit même qu’au faîte de sa carrière, elle parvenait à rendre la vie à des guerriers coupés en morceaux, pourvu que ceux-ci ne soient pas trop dispersés. Elle ressuscita même une Fée, ce qui est un exploit unique dans toute l’histoire de Ganareth. Mais on prête beaucoup aux grands Héros et nous, chroniqueurs impartiaux, ne devons pas prêter l’oreille à tous les ragots, comme le ferait le premier Nain venu. Ces Nains sont d’une naïveté et d’une sottise...

Pilhull, sur ses vieux jours, unit son destin à celui de Pilhey le Barde : elle lui soulageait ses rhumatismes, il lui chantait sa beauté en s’accompagnant à la trompette à eau. Ils eurent beaucoup d’enfants, qui aucun n’eurent leurs talents : ces deux-là étaient vraiment uniques.

Un col porte le nom de Pilhull (Pilhull Bergbress). Les hommes de Vuuar comme ceux d’Elliak y ont fouillé, en vain. Ont-ils mal cherché ou ont-ils été dérangés par les montres qui hantent cette région ? Peut-être reste-t-il des choses à trouver, pour ceux qui sauront voir. Pas comme les Nains qui, comme chacun sait...

Tiens, on frappe à ma porte. Un admirateur, pour des autographes ?

Ouiiii, mon petit ? Que veux-tu ?
Arrgh, un Nain !
Écoutez, je vais tout vous expliquer...
Chboing.
Ouch.
...