Neutra
Neutra est une des divinités les plus étranges et les plus difficiles à cerner du panthéon de Ganareth. Dieu/Déesse androgyne, elle a toujours pris grand soin d’observer la plus parfaite neutralité dans la plupart des conflits qui ont agité Ganareth depuis sa création. Aux premiers jours de la genèse, alors que les dieux se disputaient constamment, Neutra restait, elle, en dehors des disputes et des querelles qui exaspéraient tant son créateur. C’est sans doute pour cela que ce fut à elle que Gothar demanda de créer une entité de pure magie, qui irradierait la terre de mana. Neutra créa alors Dragoon, son enfant au sens premier du terme. Gothar créa la lune et l’y plaça pour que toujours les peuples de Ganareth jouissent de sa mana.
Ceci fait, il permit à chaque dieu de créer une race, qui lui vouerait un culte fervent, et qui oeuvrerait à leur gloire. Ce jour-là, Neutra donna naissance aux elfes, une race magnifique, plus proche de la nature qu’aucune autre. D’elle, ils tirèrent leurs enseignements et apprirent à adopter, comme leur divinité et comme la nature, une attitude distante et détachée du monde qui les entoure.
Lorsque la lune libéra Dragoon, et que Ganareth fut plongée dans un age de ténèbres, Neutra choisit à nouveau de ne pas s’engager dans le conflit. Et sa fille, Coccifera, mère des végétaux animés, opposa la plus passive des résistances à l’armée des dragons. Ils ne pouvaient avancer sans que la forêt ralentisse leur marche, et chaque fois que les orcs asservies défrichaient et créaient des passages au sein de cette nature bien vivante, les végétaux semblaient se réunir pour combler leurs avancées presque aussi vite qu’elles n’apparaissaient. Mais bien que jamais les dragons ne purent venir à bout de l’armée de Coccifera, Neutra eut à être le témoin des profonds changements que la guerre occasionna dans son royaume. Certaines plantes avaient changé, et dévoraient maintenant la chair des intrus, et même son peuple, les elfes, avait connu la plus importante scission de l’histoire de Ganareth.
Dans l’espoir de découvrir de nouvelles voies magiques à opposer aux dragons, certains elfes avaient voulu expérimenter des techniques jusqu’alors jamais pratiqués. Certains voulaient baser leurs recherches sur les enchantements, tandis que les autres souhaitaient essayer de trouver une réponse dans l’essence même de la mort. Ces points de vues ne purent jamais s’accorder, et si tous les elfes restèrent unis contre les dragons, le peuple elfique fut dès lors séparé en trois parties distinctes. Les hauts elfes et leurs enchantements, les elfes noirs et leur nécromancie, et enfin, l’immense majorité de ceux qui restèrent fidèles à l’esprit de Neutra, les elfes des bois.
Ce sont eux qui, à la fin de la guerre, quand Gothar leur offrit la liberté de culte, choisirent en masse de continuer à vivre selon leurs traditions séculaires, selon les préceptes de Neutra.
Clergé :
Le clergé de Neutra se définit par le nombre important de personnes à la tête de la moindre des entités qui la composent. Les druides agissent souvent en concertation, et on dit que cinq druides parmi les plus importants se réunissent lorsqu’une cause grave appelle à leur jugement.
Cette démarche oligarchique se retrouve à différents niveaux du culte, et il n’est pas rare de trouver des églises de Neutra menées par deux ou trois prêtres. Quand ce n’est pas plus.
Toutefois, l’efficacité du clergé de la divinité de la nature ne semble pas gravement souffrir de ce pluralisme décisionnaire, car les fidèles de Neutra qui ont l’honneur de faire partie d’un corps dirigeant au sein du culte font presque toujours preuve d’un esprit de corps exemplaire et d’une volonté de conciliation qui ne se retrouve dans presque aucun autre clergé.
Dogme :
La neutralité n’est pas l’absence de position. Neutra n’est pas la négation de l’homme et de la femme. La divinité est le symbole de l’union et de la parfaite harmonie de ces deux concepts. La neutralité est la communion de toutes choses en un ensemble parfait et serein. Il n’y a pas d’ombre sans lumière, pas de masculin sans féminin, pas de joie sans peine. Le dogme veut que la compréhension de la pensée de Neutra passe par l’acceptation de ce qui lui est opposé. Accepter même ce que l’on rejette le plus, c’est accepter le monde.
Mais le culte de Neutra se définit aussi par la distance qu’il impose entre les fidèles et « le monde ». Car rien ne sert d’essayer de changer l’extérieur. Il est tel qu’il doit être. Il est ombre ou lumière, masculin ou féminin. Celui qui suit la voie de Neutra aspire à se détacher de ces valeurs pour atteindre l’illumination de l’harmonie.
Il faut toutefois noter que cette vision ascétique de la religion n’est pas pratiquée par l’ensemble du culte. Une partie des plus jeunes prêtres sont fortement incités à parcourir le monde pour en découvrir et comprendre les composantes, afin qu’ils reviennent fort de la sagesse de leurs expériences.
Cérémonies importantes :
Deux fois par an, au milieu de chaque saison, les fidèles de Neutra se réunissent pour communier ensemble. C’est l’occasion de changement au sein du culte, ainsi que le moment pour tous les croyants ayant fait le déplacement d’exprimer leurs opinions. Les druides écoutent avec attention mais ne prennent jamais de décision au cours de ces cérémonies. Ils se regroupent généralement quelques jours après l’événement afin de prendre la décision en collège réduit, forts de l’ensemble des avis exprimés.
Une fois l’an, au moins, les fidèles doivent observer une journée de retraite spirituelle, durant laquelle ils ne doivent pas entrer en ville ou en contact avec d’autres personnes. Cette « journée » peut durer plus longtemps que cela si cela est jugé nécessaire par l’adepte, qui mettra ce temps à profit en réflexion sur la nature du monde.
Symbole et chiffre sacrés :
Le Cinq est son chiffre, le pentagramme son symbole.
Classes autorisées :
Sorcier, illusionniste, archer, barde, ranger, druide, moine et guerrier.