L’Age d’Or [An 100-An 666]
Le premier Jour de l’An 100 marqua le début de l’âge d’Or. Gothar ré-initia le rite d’Ysatis et créa la race des Humains. Sur l’ensemble des royaumes, il les chargea de bâtir des cités et des temples en son honneur ou en l’honneur du Dieu qu’ils choisiraient de révérer. Gothar leur laissa aussi la possibilité de devenir agnostique.
Les neuf Dieux, sous la contrainte de Gothar, signèrent de leur sang le « concordat des Dieux ». Par ce concordat, les Dieux s’engagèrent à ne plus intervenir dans les affaires de Ganareth. Gothar désirait régner seul et sans partage, jusqu’à ce que les Dieux se montrent dignes de régner à leur tour.
Au 77ème jour de l’An 106, alors que les fondations des premiers temples étaient achevées, Gothar sentit la paix et l’harmonie qui émanait de Ganareth, et il en fut heureux. Il se coupa le bras droit et donna naissance à seize Immortels, auxquels il confia la lourde tâche de maintenir cette harmonie. Gothar chargea les Immortels de recueillir les effluves bénéfiques émanant des prières des peuples, et de les transmettre aux neuf Dieux.
Dans chacun des royaumes de Ganareth, les plus extraordinaires cités furent bâties autour des temples.
Au royaume d’Hydra, Abysséidia, la cité flottante, fit l’orgueil des Gnomes et la fierté de la Déesse.
Velladria, la cité dédiée au dieu Zéphyr, devint célèbre pour ses quarante-neuf tours surnommées « les bouches de Zéphyr » ; le vent qui s’y engouffrait était interprété par les Orcs comme la Parole Divine.
Germyriad devint l’une des cités les plus peuplées et les plus animées du royaume d’Ysatis. Autour du premier temple, six autres durent être construits pour accueillir la grouillante multitude de pèlerins.
Styxande, la citée des marais du royaume de Malecta, fut construite sur pilotis. Elle était belle et simple ; elle semblait reposer sur des nuages lorsque se levaient les brumes. Ceux qui entraient à Styxande en revenaient transformés, ou ne la quittaient plus.
Dans le royaume de Hel, les Humains construisirent Ouraniath, une puissante tour dont le sommet disparaissait dans les nuages. Les Humains y rassemblèrent les vestiges de la civilisation Korrigan. Une fois les seize étages de la tour terminés, des éclairs vinrent en frapper le sommet qui se mit à irradier. Une cité fut construite au pied de la tour, que la foudre épargna toujours.
Au royaume de Calder, Pyros, la grande cité, fut bâtie au pied de l’un des plus hauts volcans. Sept portes entouraient la cité mais une seule permettait d’y pénétrer. Les six autres portes conduisaient dans un dédale de ruelles inextricable. Aucun temple ne fut jamais construit, mais les Morgans se rendaient dans la gueule du volcan par des chemins secrets pour y faire leurs prières et leurs offrandes. Pyros compta parmi ses habitants certains des plus brillants esprits de l’époque.
Lazaria fut creusée dans les profondeurs des montagnes les plus hautes du royaume d’Agnar. Toutes les parois de la cité furent ornées par les nains de sculptures plus magnifiques les unes que les autres. Le dôme de la troisième salle était maintenu par quatre représentations monumentales du Dieu Agnar. Au centre de la salle s’ouvrait un vaste puits sans fond où étaient déposées les offrandes que l’on faisait au Dieu.
Dans le royaume d’Aesir, quarante années suffirent aux Humains pour creuser la glace et lui donner les premières formes de ce qui allait devenir le fabuleux temple de Gelzart, le « Joyau des Glaces ». Les Kells se joignirent au Humains trente années durant et les aidèrent à parfaire le temple et à construire la cité. Humains et Kells s’associèrent dans la prière, jusqu’à ce que les Kells, devenus de véritables virtuoses, se mettent à tailler des autels dédiés à la Déesse Aesir dans leurs propres logis. La cité gagna, en beauté et en élégance, ce que le temple perdit en fidèles.
Au cœur de la forêt de Broariàn, sept arbres centenaires gigantesques qui poussaient en cercle devinrent les fondations du temple d’Harmonomrah, dédié au Dieu Neutra. La pierre et le bois y furent si harmonieusement mariés que les Elfes ressentirent la bénédiction de Neutra. La magie Elfique proche de la nature en devint plus efficace encore.
Le culte des Dieux se développa dans tous les royaumes sous l’impulsion de la magie et l’essor de la foi.
De fait, la période de paix, d’harmonie et de prospérité s’étendit jusqu’en 617, et les races atteignirent un très haut degré de civilisation. Le monde de Gothar, baigné par des conjonctures astrales exceptionnelles, regorgea de richesses et les peuples vécurent dans l’abondance et dans l’insouciance.
Peu à peu, les neuf races abandonnèrent la pratique des cultes premiers et se mirent à idolâtrer les Dieux pour de mauvaises raisons.
En l’an 646, les temples furent de plus en plus fréquentés, mais l’on y vint davantage pour échanger des « idées »que pour s’occuper d’affaires magiques ou divines. Certaines sectes telles que « la Lanterne » se mirent à sévir sous l’influence de Kells illuminés tels que Rouzau. D’autres sectes, majoritairement répandues au sein du peuple Morgan, mirent en doute l’existence de certaines Divinités et affirmèrent que seul Calder était assez intelligent pour créer la Mana. Les sectes les plus extrémistes allèrent jusqu’à remettre en question l’existence de plusieurs Dieux et émirent des hypothèses selon lesquelles un seul et unique Dieu aurait régné sur le monde.
En l’An 666, les neuf Dieux étaient touchés dans leur orgueil et leur cœur se troublait.
Au sein de la lune, Dragoon s’était développé en se nourrissant de son propre feu. Sous l’effet de la chaleur émise, l’astre s’était creusé et les faces internes de la lune s’étaient tapissées de cristaux de tailles et de couleurs différentes.